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>>Une nouvelle période de polarisation : fujimoristes et terroristes vs démocrates (II)

Manuel Fajardo, et le sous-secrétaire Alfredo Crespo, ont laissé comprendre qu’ils pourraient reprendre la lutte armée dans l’avenir. Ils revendiquent aussi le fait que « Sentier Lumineux était un parti politique avec une idéologie et un programme destinés à conquérir le pouvoir politique, et à réaliser la transformation révolutionnaire de la société. » (Caretas du 20 septembre). Autant de déclarations ouvertement provocatrices qui soulèvent des remous et des questions sur la légitimité de l’existence de groupes extrémistes dans un pays démocratique qui a mis cependant vingt ans pour reconnaître le travail des policiers qui ont capturé Guzmán.

Ce n’est en effet que le 12 septembre que le ministre de l’Intérieur, Wilfredo Pedraza, a décoré 82 policiers du Groupe spécial de renseignements (GEIN) qui, après trois ans de dur travail, dans le plus grand secret pour éviter que le régime de Fujimori se mêle des recherches, capturèrent le chef du Parti communiste révolutionnaire, Sentier Lumineux, et tous les membres de son bureau politique. Fujimori apprit la nouvelle après coup, mais en falsifiant l’histoire, il prétendit que ce fut l’Armée qui fut responsable de cette action d’éclat, et décida de dissoudre le GEIN commandé par le général Ketín Vidal. Le gouvernement actuel est le premier à reconnaître le travail de ce groupe spécial, et certains de leurs agents participent à la lutte actuelle contre le terrorisme et le crime organisé au VRAEM [La República du 13 septembre].

L’augmentation considérable des actions terroristes, et le déplacement des bandes qui agissaient dans le Huallaga vers les régions du Pichis-Palcazu (Pasco) et la forêt de Cusco (La Convención), ont contraint le gouvernement à rechercher des solutions non seulement militaires, mais aussi légales, d’où la proposition d’une loi contre le négationnisme avancée par le Premier ministre Jiménez. Que penser de ce projet actuellement en débat au Congrès ? Je considère que le président Humala et le Premier ministre ont des bonnes intentions en proposant ce projet de loi. On peut croire en effet qu’ils tentent, par ce biais légal, de prendre une part active dans les décisions gouvernementales de mettre fin au terrorisme senderiste. Les bonnes intentions ne sont malheureusement pas suffisantes pour régler les problèmes de violence politique, surtout sur le plan légal. En effet, le Premier ministre affirme prendre comme modèle de ce projet anti-négationniste les « lois européennes » en la matière ; il confond en réalité des lois qui condamnent moralement le négationnisme — les crimes des nazis contre les juifs notamment —, avec des lois qui sanctionnent des personnes désignées comme coupables. En France, c’est le cas de la Loi Gayssot de 1990, qui considère comme délit la « négation de crimes contre l’humanité » commis soit par une organisation criminelle, soit par une personne reconnue coupable de ces crimes par une juridiction française ou internationale. Autrement dit, la Loi Gayssot stipule qu’on ne peut pas remettre en question le fait que des crimes contre l’humanité ont été commis par une organisation criminelle ou par une personne ; mais elle n’accuse pas le ou les responsables, car elle se placerait alors au-dessus de tout jugement. Cette nuance fondamentale entre la condamnation morale d’un acte dans une loi et la mise en accusation de responsables n’est pas du tout comprise, apparemment, au Pérou.

De fait, suite à la présentation du projet de loi au Parlement, un débat public oppose les défenseurs et les opposants. Les défenseurs, généralement membres du gouvernement, insistent sur le besoin urgent de couper court aux velléités politiques des groupes qui prônent la lutte armée et revendiquent la « pensée Gonzalo ». De son côté, la ministre de la Justice, Eda Rivas, a déclaré que la loi serait soutenue par plusieurs mesures anti-terroristes prises par les ministères de la Défense et de l’Intérieur (Caretas, 13 septembre 2012).

D’autres s’opposent au projet invoquant la subjectivité de la loi (par exemple le Procureur de la nation, José Antonio Peláez), d’autres soulignent son caractère erroné, voire opportuniste, et plusieurs défenseurs des Droits de l’Homme ont critiqué ce projet qui laisse de côté les crimes des militaires. On suggère en effet qu’une loi contre le négationniste ne concernant que les groupes subversifs tend à construire « une version officielle de l’histoire » dans laquelle les violations des droits de l’Homme par les militaires et l’État resteraient impunies.

Procureur de la nation José Antonio Peláez. La República, septembre 2012

Il semble évident que le débat ne fait que commencer, mais on peut relever dès aujourd’hui le manque de clarté dans les termes de ce qui est remis en cause. Personne n’a encore évoqué le véritable sens des lois mémorielles et leur distinction vis-à-vis des lois pénales ordinaires. Personne n’a encore fait valoir le fait qu’on ne peut pas confondre et mettre sur le même plan les crimes de terrorisme et les crimes des militaires ; les premiers sont l’expression d’une idéologie de la violence et de la haine, alors que les seconds sont l’expression des dérives du pouvoir politique légalement institué. Les militaires font partie de la nation, alors que les terroristes en sont exclus. En conséquence, et contrairement à ce qu’affirme le Premier ministre Jiménez, il serait plus pertinent de renforcer les lois antiterroristes actuelles, dont la loi contre l’apologie du terrorisme, pour mettre en accusation et juger les responsables civils et militaires des violations des droits de l’Homme et autres crimes de guerre, que créer une nouvelle loi parfaitement inutile.

LUTTE CONTRE SENTIER LUMINEUX : TERRORISME ARMÉ ET BRANCHE POLITIQUE

La lutte contre les activités terroristes de Sentier Lumineux dans la région des fleuves Apurímac, Ene et Mantaro (VRAEM), et de sa branche politique (le groupe MOVADEF), est placée au centre des intérêts du président Humala qui a fait de la disparition définitive des anciens terroristes dans le pays l’objectif central de son mandat. Ce serait pour cette raison que, d’après la revue Caretas [du 20 septembre 2012], il organise jusqu’à deux réunions hebdomadaires au palais du gouvernement avec ses conseillers militaires, dont le Colonel Adrián Villafuerte.

Il faut préciser que depuis le mois de juin dernier, le gouvernement a entamé une grande restructuration du commandement militaire. On a créé en particulier des commandements combinés des Forces de Police [Direction contre le terrorisme (DIRCOTE), de la Direction anti-drogue (DIRANDRO)] et des Forces armées. La région militaire du VRAEM a été confiée au général César Díaz Peche, ancien commando de l’Opération Chavín de Huántar qui libéra 72 otages de la résidence de l’ambassadeur du Japon en 1996. Le commandement des Forces armées a été confié à l’Amiral José Cueto Aservi, de la Marine, et son adjoint, chef de l’État-major, est le général Víctor Montes Barrios.

Amiral José Cueto, Commandant des Forces armées, La República, août 2012

Ce grand remaniement des commandements militaires a impliqué la nomination de neuf nouveaux généraux dans les postes de responsabilité nationale, dont plusieurs sont proches du président Humala. Cela étant posé, le gouvernement considère que la lutte anti-terroriste ne se règlera pas uniquement par la voie militaire, et des projets de développement des zones concernées seront entrepris pour affirmer la présence de l’État à partir d’investissements en infrastructure et en programmes productifs. Le Projet Pérou concernera ainsi la construction de 290 km de la route « Anneau du VRAE » destinée à relier les districts de Llochegua, Canaire, San Francisco, Santa Rosa, Río Tambo, entre autres, qui se trouvent dans les régions de Junín, Ayacucho et Cusco.

Il est important de souligner que le maire de Huanta, Carlos Rúa Carbajal, a demandé de venir en aide aux différentes communautés ashaninka de la région du VRAEM qui connaissent de terribles conditions sanitaires. C’est aussi ce qu’a rappelé le maire du Río Tambo, Tarcicio Mendoza, évoquant les promesses du président Humala d’améliorer les conditions de santé et des écoles de cette région de l’Amazonie centrale [La República du 23 mai 2012]. Les indiens Ashaninka ont souffert de manière particulièrement cruelle la domination du Sentier Lumineux dans les fleuves Tambo et Ene, et ils n’ont pas encore reçu une aide étatique digne de ce nom douze ans après la fin de la « pacification » pour laquelle ils ont aussi combattu les armes à la main. Dans la nouvelle phase de guerre contre le terrorisme, les Forces armées ont apporté 25.000 armes aux 2534 Comités d’auto-défense (majoritairement indigènes ashaninka et matsigenga) de la région du VRAEM ; la distribution de 80 fusils et 18.000 cartouches a commencé en mars 2011 à la Base 31 de l’Armée du District de Río Negro (Satipo) par l’ancien chef des armées, le général Luis Howell. Il est précisé que 400 combattants ashaninka environ accompagnent les opérations en cours. A cette occasion, le représentant des Ashaninka de la région, Jonatan Charete Quinchoker, du Río Ene, a renouvelé l’engagement des membres des communautés indigènes vis-à-vis de l’Armée et de la nation [La República du 21 mars 2011].

Représentants des Comités d’auto-défense Ashaninka reçoivent les premières armes pour la lutte anti-terroriste. La República du 21 mars 2011

Affrontements entre groupes terroristes et les Forces armées

Les activités terroristes n’ont cessé de se développer ces derniers mois et elles ont provoqué plusieurs affrontements armés avec les forces de l’ordre.
En juin, des terroristes de la colonne commandée par « Gabriel », l’un des frères Quispe Palomino qui dirigent les opérations dans le VRAEM, ont déclenché une attaque dans un campement d’exploitation de gaz proche de Kepashiato, Cusco, où ils avaient pris 36 otages le 9 avril dernier [voir la Chronique politique du mois de mai]. Les travailleurs du campement de Cigakiato ont rapporté que les terroristes les avaient menacés de représailles s’ils collaboraient avec les forces de l’ordre. Ils furent aussi forcés d’écouter leur propagande terroriste. Plusieurs actions d’intimidation armée ont également été rapportées par la maire de La Convención, Cusco, dans la localité d’Acobamba, où des terroristes se promènent tranquillement, les armes à la main.

Toujours au mois de juin, la colonne de « Gabriel » a fait une incursion dans la localité de Limatambo, district de Kimbiri, La Convención, au milieu de la fête de Saint Jean, le 24 juin. Dans son discours de propagande, « Gabriel » demanda aux paysans de le rejoindre pour lutter contre le gouvernement du président Humala, et menaça de mort le président du Comité d’auto-défense de Villa Vírgen parce qu’il avait collaboré avec l’Armée.

Au mois de juillet a eu lieu l’Opération Auberge, au cours de laquelle onze terroristes furent capturés et onze enfants libérés d’un campement senderiste situé près du fleuve Tincabeni, District de Pangoa, Satipo (Junín). [Voir la Note du mois de juillet].

Senderistes capturés lors de l’Opération Auberge, La República juillet 2012

En août, le nouveau ministre de la Défense, Pedro Cateriano, entreprit une visite dans les bases anti-subversives du VRAEM, en compagnie de l’amiral Cueto et du général Díaz Peche (Alto Anapati, Bajo Somaveni, Valle Esmeralda, Mazángaro et Canaire), et il alla visiter aussi les bases de Pichari et Venecia à La Convención, Cusco. Depuis le début de l’année, on observe en effet un déplacement important de subversifs vers le sud de la vallée du Mantaro, dans la zone de forêt du département de Cusco ; c’est pour cette raison que la zone déclarée en état d’urgence concernera probablement bientôt cette région proche de Madre de Dios et du Brésil.

Ministre Cateriano, La República du 3 août 2012

Au cours de la mi-août, une opération militaire d’importance fut lancée pour capturer le chef senderiste Orlando Borda Casafranca, « camarada Alipio », avec les troupes de la Base de Mazángaro, District de Pangoa. Selon la DIRCOTE, « Alipio » aurait dirigé l’attaque qui coûta la vie à la capitaine Nancy Flores en avril dernier, et aurait organisé l’attaque de quatre hélicoptères. La zone recèle une importance stratégique car elle fait partie de la route qu’empruntent les narcotrafiquants pour transporter le matériel nécessaire à la fabrication de cocaïne ; d’où les attaques terroristes systématiques pour déloger les militaires de Mazángaro. Au cours de cette opération, une attaque lancée par les terroristes s’est soldée par la mort de cinq militaires et d’un nombre indéterminé de senderistes [La República du 17 août].
Base de Mazángaro, La República, août

L’opération Mantaro

C’est le 7 septembre que fut lancée l’Opération Mantaro qui a conduit 64 militaires et policiers de la Base de Mazamari jusqu’au District de Santo Domingo de Acobamba (Huancayo, Junín), à 8 jours de distance à pied, où l’on avait découvert l’existence d’un campement senderiste, dit « Pauca », proche de la communauté de Ranrapata. Cependant, la quinzaine de terroristes présents parvinrent à s’enfuir en emmenant avec eux un groupe de femmes et une dizaine d’enfants. Lors de l’affrontement, une fillette de 9 ans trouva la mort par une balle perdue tirée selon toute vraisemblance par un senderiste. Une jeune femme d’une vingtaine d’années, Isabel Quispe Huamán, « camarada Amalia », fut capturée et elle apportant Jean, le 24 juine d̵rorisfua00' heighibsp;m is ancieristes [La República du 17 ao6tembre]. PedrNaddHer/locrong>, entretministre de la JustF d&#trong class="spip">Pedrati Ja Arong>, entrent à s&condiher des lutteégiotale recotamb.son dallayit décolux rdtrouva ppropagécipion de gelleéfiniert une tôt cettce futs nts libét unen débaité des lrères Caretas du 20 septembre). AutaCroupes furenade lété commlRt cruellué ce s les terrcès&non d [
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