Vous êtes ici : Accueil » Cartes blanches

>>Chronique politique du Pérou, février 2016. Préparation de la campagne présidentielle




CHRONIQUE POLITIQUE DU PEROU, JANVIER 2016

PREPARATION DE LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE : CANDIDATS INQUIETANTS ET GRAND DESARROI DES CITOYENS

Mariella Villasante Cervello

Anthropologue EHESS, Institut de démocratie et droits humains de la PUCP, Lima


La campagne présidentielle pour les élections du 10 avril et du 5 juin 2016 bat son plein depuis la fin de l’année 2015, et 22 millions d’électeurs sont attendus aux urnes. Aux trois candidats des élections précédentes — Keiko Fujimori, Alan García et Pedro Pablo Kuczynski —, se sont ajoutés deux autres qui étaient inconnus sur la scène politique péruvienne jusqu’à récemment. Il s’agit de César Acuña et Julio Guzmán. Comme au cours de la campagne de 2011, Keiko Fujimori, fille du dictateur Alberto Fujimori qui purge une lourde peine de prison pour ses méfaits durant son mandat à la tête de l’État [1990-2000], concentre environ 30% de l’électorat péruvien. Un pourcentage inquiétant pour un pays qui tente d’affirmer ses valeurs républicaines. Mais cela signifie aussi, ainsi que le note Hernán Chaparro (Directeur de la société de sondages GfK), que 70% des électeurs tentent de trouver une alternative viable (La República du 10 janvier ). De fait, ce haut niveau d’intention de vote est associé au niveau particulièrement bas de culture politique des secteurs les plus touchés par le discours populiste de la famille Fujimori. Face au choix des candidatures, les citoyens péruviens conscients de leurs droits se retrouvent dans un grand désarroi.

Photo 1 : Principaux candidats présidentiels au Pérou (La República)

Il est navrant de constater en effet qu’une grande partie des électeurs se sont lassés des jeux politiques absurdes des dernières années, et se sont éloignés du monde politique réel pour se replier sur l’individualisme. Il s’agit d’un secteur classé comme « conformistes désinformés » qui représenterait, selon Chaparro, la moitié des électeurs péruviens. Le chiffre est imposant. Selon un sondage centré sur les typologies de la culture politique, les Péruviens adoptent une posture très individualiste et pragmatique, construite sur la déception du monde politique. Au niveau local cela se reflète dans l’élection de Luis Castañeda à la Mairie de la capitale, et au niveau national cela s’exprime par le choix de Keiko Fujimori ou celui de César Acuña. La moitié des électeurs ne suivrait même pas la campagne actuelle et choisirait de voter pour tel ou tel candidat la veille des élections. Il s’agit de personnes qui ne demandent qu’une chose, la sécurité dans leurs quartiers, par n’importe quel moyen. Les électeurs de Keiko Fujimori auraient aussi un lien affectif fort avec elle, fabriqué et cultivé par Alberto Fujimori qui, dans les années 1990, se présentait comme le « sauveur du peuple péruvien ».

Dans le sondage cité, 25% des enquêtés sont classés dans le groupe de « critiques participatifs », des gens qui ont le goût du politique mais rejettent le monde politique péruvien ; ils sont suivis par 21% de personnes « insatisfaites » qui rejettent la politique et prennent leurs distances. Dans ces deux groupes, nombreux sont ceux qui affirment qu’ils participeraient à la vie politique avec des partis réellement démocratiques. Ils réclament la transparence et l’absence de corruption, mais l’idée des « partis historiques » n’existe plus. Il faut rappeler que les partis ont disparu progressivement depuis le coup d’État de 1968 et la guerre interne, et cette mort annoncée des partis due à l’autoritarisme et à l’absence de démocratie a été accélérée par le régime du dictateur Alberto Fujimori (1990-2000).

Le vide politique est donc une nouvelle fois flagrant. Après la disparition des partis politiques, nous sommes confrontés à un trop plein de discours populistes s’adressant à une population qui rejette l’ordre politique public, qui connaît mal ou pas du tout les valeurs démocratiques et républicaines, et qui ne sait pas non plus à quel saint se vouer. Dans les derniers sondages, l’ancien président (centre-droite) García n’obtient que 6,5% des voix, le candidat de la droite traditionnelle, Kuczynski, obtient 9,5%, et les outsiders Acuña et Guzmán se talonnent autour de 10%. Si l’on rappelle que les couches les plus pauvres du pays représentent la moitié des électeurs, et que les voix de la droite (García et Kuczynski) se concentrent dans les quartiers des classes moyennes et bourgeoises de Lima, on peut en déduire que le futur président péruvien sera élu par les pauvres : il s’agira d’un choix entre Fujimori et Guzmán, car Acuña vient d’être mis hors-jeu suite à des accusations avérées de plagiat de ses travaux universitaires.

Donc, une fois encore, nous nous trouvons devant un choix cornélien, car aucun candidat ne représente une alternative crédible d’amélioration des conditions de vie des 30 millions de Péruviens. On y reviendra après l’analyse de l’économie. On évoquera par la suite les droits humains et les peuples originaires, l’insécurité, les terroristes et la culture comme voie de construction de la nation.

ÉCONOMIE : LES EFFETS D’EL NIÑO, LA RECESSION ET L’INFLATION

Selon un rapport de l’Institut national de statistique et informatique (INEI), la croissance péruvienne a été de 3,95% en décembre, grâce notamment aux bonnes performances des secteurs de la pêche et de l’extraction du cuivre. On estime que le PBI a augmenté de 2,9% en 2015, ce qui coïncide avec les prévisions du ministère de l’Économie et Finances et de la Banque centrale. Le secteur minier a augmenté de 22% au mois de décembre en raison de la mise en activité de plusieurs projets miniers.

Le ministre de l’Économie, Alonso Segura, a annoncé au Forum économique mondial de Davos que la croissance serait de 3,5 à 4% au cours de l’année en cours. Pourtant, l’économiste Javier Zuñiga a déclaré que pour atteindre ce taux, il aurait fallu atteindre une croissance de 5% en décembre dernier. D’après lui, si l’impact d’El Niño est inférieur aux prévisions, et si la crise internationale ne s’aggrave pas, on pourrait connaître entre 3,3 et 3,5% de croissance en 2016. Il a précisé également que les prix des minerais resteront bas, et que la pêche est incertaine (La República du 2 février 2016).

Photo 2 : Sécheresse à Puno (La República du 22 janvier 2016)

Or, comme nous savons que la crise internationale reste bien d’actualité, et que la phénomène El Niño a causé de graves dégâts, on peut prévoir une croissance très basse en 2016. En effet, l’impact d’El Niño a été et reste très fort dans le pays, où le sud du pays traverse une grave période de sécheresse, notamment dans la zone d’Arequipa, Moquegua, Tacna et Puno. On estime que 50% de la production de riz sera perdue dans la vallée du Tambo ; dans le département de Tacna, plus de 8 000 hectares de cultures sont menacés (La República du 22 janvier 2016). Les prix des produits de consommation de base ont augmenté de 4,35% au cours de la période allant de février 2015 à janvier 2016, mais aussi le logement, l’eau, l’électricité, le gaz, et les aliments en général (notamment le poisson, ce qui a fait grimper le prix du ceviche, notre plat national). L’inflation a augmenté de 0,42% lors du dernier trimestre, et selon la Banque Scotiabank, elle pourrait atteindre entre 4,6 et 5% en mars (La República du 2 février 2016).

Photo 3 : Ceviche peruano

Le taux de change du dollar a atteint son prix le plus élevé en onze ans, soit 3,482 soles. La monnaie nord-américaine a augmenté de 1,99% en 2015 face au sol péruvien. Les entreprises ont en effet utilisé le dollar comme valeur refuge après la chute du secteur des manufactures en Chine, et les conséquences de la récession de l’économie globale (La República du 2 février 2016).

Selon l’Association des producteurs, les agro-exportations de fruits et des légumes frais ont augmenté de 13% par rapport à 2014. Il s’agit notamment du raisin, des asperges, de l’avocat, de la mangue et des citrons (La República du 2 février 2016).

Les investissements des sociétés péruviennes dans la région se sont accrus, notamment en Colombie où le Pérou peut commercialiser ses tissus et son coton, complémentaires aux produits colombiens. Les Péruviens investissent également dans l’agro-industrie, les produits cosmétiques et d’hygiène, la chimie, les technologies de l’information, les services financiers, et les services de transport. Les régions les plus concernées sont Antioquia, Atlántico, Cundinamarca, Bogotá, Bolívar y Valle. Une vingtaine de sociétés colombiennes sont présentes au Pérou, notamment dans les secteurs de la construction, de l’énergie, du pétrole, du gaz, de la chimie, du textile et du tourisme (La República du 2 février 2016).

Selon un rapport qui vient de publier le CEPLAN (Centro nacional de planeamiento estratégico) le Pérou est l’un des cinq pays avec le taux d’économie informelle le plus élevé de la région, cela malgré la bonne croissance économique des dix dernières années. Selon les données de l’INEI, en 2014, 11,5 millions de Péruviens (72% du total de la population) avaient un emploi informel, dont 8,8 millions (56%) qui travaillaient dans le secteur informel lui-même et 2,7 millions (17%) dans le secteur formel. On sait de plus qu’un travailleur déclaré gagne presque le double qu’un travailleur informel ; en 2014, un travailleur déclaré gagnait près de 12 soles de l’heure [3€], contre seulement 5,30 soles [1,36€] dans l’informel. Les secteurs les plus touchés par l’économie informelle sont l’agriculture (97%), les transports (80%), la construction (75%) et le commerce (74%). Cela implique que plus de la moitié de la PEA se trouve en dehors du système économique classique et ne paye pas d’impôts.

Le salaire minimum est actuellement de 750 soles [193€], alors qu’on estime qu’une famille de quatre personnes ne peut vivre qu’avec 1 212 soles [312€]. En outre, le Pérou occupe la 8e place des salaires moyens sur les dix pays sud-américains avec 260$ dollars / mois, devant la Bolivie (240$ / mois) et le Venezuela (85$ / mois). Les pays où les salaires sont les plus hauts sont l’Argentine (520$ / mois), le Paraguay (410$ / mois) et le Chili (375$ / mois). Selon l’économiste Armando Mendoza, le débat sur l’augmentation du salaire minimum n’est pas technique mais plutôt idéologique. En effet, le paiement des travailleurs est perçu par les hommes d’affaires comme une charge et non comme un droit, et nous sommes très en retard de ce point de vue dans l’espace sud-américain. Le président Humala avait promis une augmentation en 2015, mais rien ne fut annoncé (La República du 16 juillet 2015). Actuellement, tous les candidats proposent une augmentation d’au moins 200 soles [52€], alors que la Centrale générale des travailleurs (CGTP) réclame 1 500 soles [386€] de salaire minimum.

• En décembre 2015, le président Humala a clôturé la Conférence annuelle des entrepreneurs et des hommes d’affaires (CADE) en soulignant qu’au cours de son mandat le PIB avait été supérieur à 3%, et il a proposé que le prochain gouvernement atteigne les 6%... Autant de vœux pieux lorsqu’on sait que la situation économique du pays est mauvaise (La República du 4 décembre 2015).

• Le 30 janvier, le président Humala, accompagné du Premier ministre Cateriano, de la ministre du Commerce, Magali Silva, a lancé officiellement l’organisation de l’APEC [Foro de cooperación económica Asia-Pacífico] qui aura lieu les 19-20 novembre 2016. Il s’agit d’une association de 21 pays d’Asie et des Amériques qui représentent 58% du PIB mondial.

Photo 4 : Le président Humala, cérémonie de lancement du Forum de l’APEC (Gobierno del Perú)

Rappelons que l’APEC a été créée en 1989 dans le but d’assurer une croissance inclusive et novatrice des pays membres ; en particulier en réduisant les barrières commerciales, en promouvant les exportations, et en créant en 2020 un système de commerce transparent et libéral. Grâce à l’APEC, le Pérou a augmenté ses exportations vers la Chine (30%), les USA (30%), le Canada (29%) ; le pays importe des produits des États-Unis (33%), de la Chine (32%), du Canada (29%) et du Mexique (7%).

Photo 5 : Infographie APEC (La República)

POLITIQUE GENERALE : ELECTIONS PRESIDENTIELLES

Selon une enquête du journal Correo, la cote de popularité du président Humala est au plus bas avec 14% de satisfaits contre 84% de mécontents ; pour 66% des personnes interrogées, c’est Nadine Heredia qui prend les décisions de gouvernement ; 24% considèrent que les décisions sont partagées et seulement 7,7% pensent que Humala administre le pays (La República du 10 novembre 2015). Ces derniers mois de mandat sont donc particulièrement éprouvants pour le couple et le parti nationaliste vit ses derniers jours.

Photo 6 : Les 7 principaux candidats des élections au Pérou (La República)

Comme on le notait dans l’introduction, actuellement sur un total de 19 candidats officiels, cinq dépassent les 6% d’intentions de vote selon les sondages. En tête de liste on trouve Keiko Fujimori (32%), suivie par Julio Guzmán (10,40%), César Acuña (10%), PPK (9,50%) et enfin Alan García (6,50%).

Photo 7 : Infographie sur l’intention de vote des cinq premiers candidats

Les autres candidats recueillent très peu d’intentions de vote : l’ancien président Alejandro Toledo [2001-2005] ne concentre que 2,70%, et la candidate de la gauche, Verónika Mendoza, seulement 1,90%. Viennent ensuite Renzo Reggiardo (1,40%), Daniel Urresti, candidat du parti nationaliste, accusé de crimes durant la période de la guerre interne (0,90%), Gregorio Santos, le leader du mouvement de Yanacocha des années 2013-2014 (0,60%), et Alfredo Barnechea (0,50%).

Examinons les principaux candidats selon leurs orientations, pour peu que les termes gauche et droite aient encore un sens dans la scène post-moderne mondiale. Keiko Fujimori se situe dans un cadre populiste de droite, dont les tendances autoritaires et népotistes ne sont un secret pour personne. Selon certains analystes, elle serait pourtant la seule à avoir préparé cette campagne, après avoir su s’imposer face à l’aile « albertistes » de sa mouvance politique. Comme on l’a noté dans les chroniques précédentes [2013 et 2014], son père, Alberto Fujimori, a essayé d’obtenir sa libération pour « causes humanitaires » pour organiser son retour aux élections présidentielles, mais la fille ne l’a pas aidé. Ainsi vont les choses dans la famille de l’ancien dictateur, et leur situation ne va sans rappeler celle de la famille Le Pen en France.

Photo 8 : Keiko Fujimori devant une sculpture représentant son père Alberto Fujimori (La República)

Les anciens présidents Toledo [Perú posible] et García [Alianza popular, APRA et PPC] pensaient occuper les places centrales dans ces élections, mais ils sont loin derrière selon les sondages. On pourrait les classer au centre-droit. Ils ont montré leurs tendances autoritaires, sans parler de leur populisme qui les situe, d’après eux, proche du « peuple péruvien ». Les nouveaux outsiders sont Julio Guzmán (droite) et César Acuña (centre-droit) qui obtiennent des taux d’intention de vote semblables à celui du candidat des élites, Pedro Pablo Kuczynski.

César Acuña [Alianza por el progreso] a été congressiste entre 2000 et 2006, ancien maire de la ville de Trujillo et gouverneur de la région de La Libertad (janvier-octobre 2015). Ses adjoints sont Humberto Lay et Anel Townsend. L’actuelle vice-présidente, Marisol Espinoza, le soutient aussi. A la fin janvier, il a été accusé de plagiat pour son mémoire de master (Universidad del Pacífico) et pour sa thèse (Universidad Complutense de Madrid). Son cas a fait l’objet d’une enquête officielle. Le président du Jury national des élections, Francisco Távara, a déclaré que si le plagiat était démontré, il serait exclu des élections. De plus, un ancien professeur, Otoniel Alvarado, a déclaré que son livre « Política educativa », publié en 1999, était paru en 2002 avec le nom de César Acuña, alors recteur de l’Universidad César Vallejo. Enfin, le 5 février, le plagiat était définitivement prouvé et sa candidature sera certainement invalidée.

Julio Guzmán Cáceres [Todos por el Perú] est économiste, titulaire d’un doctorat de l’Université de Maryland, Il a travaillé pendant dix ans à la Banque interaméricaine du développement, et a été secrétaire de la présidence du Conseil de Ministres (2012-2013). Ses adjoints sont Juana Umasi et Carolina Lizárraga. Ses propositions sont très proches de celles de PPK. Selon un sondage réalisé en janvier, quelque 12% de Liméniens voteraient pour lui en raison de sa « jeunesse » (il est né en 1970). Selon Carmen Omonte, candidate à la vice-présidence de Toledo, Guzmán a repris plusieurs propositions de son parti sans le dire (La República du 1er février). De son côté, le notable des hommes politiques de droite Víctor García Belaunde, a déclaré que Guzmán était un candidat des élites et un « pur produit factice, un produit de cosmétique parfumé. »

Photo 9 : Julio Guzmán Cáceres

Pedro Pablo Kuczynski [Perú por el Kambio] est économiste, il a travaillé pour la Banque mondiale, a été ministre de l’Économie dans le gouvernement de Toledo (2001-2002 et 2004-2005). Il fut aussi président du Conseil des ministres du gouvernement de García (2005-2006). Il possède la double nationalité nord-américaine / péruvienne, et se présente avec Martín Vizcarra et Mercedes Aráoz. Il est le candidat de la droite traditionnelle péruvienne, celle des beaux quartiers et des hommes d’affaires de Lima qui n’ont pas, ou peu, de contacts avec le reste du pays, où il demeure inconnu. Il considère Julio Guzmán comme une version plus jeune que lui, ce qui en dit long sur leurs ressemblances.

Photo 10 : Pedro Pablo Kuczynski

Alfredo Barnechea se place également dans ce milieu de droite, homme de lettres et journaliste, il fut député et membre du Parti Action Populaire depuis 2013. Il est soutenu par des personnalités telles que Victor Andrés García Belaunde et Edmundo del Aguila. Plusieurs personnalités de la gauche traditionnelle se sont réunies dans le Frente amplio et ont choisi d’accorder leur soutien à Verónika Mendoza, née en 1980, formée en France en psychologie et sciences sociales ; elle est congressiste pour Cusco depuis 2011 (Gana Perú). Elle est binationale par mère française, ce qui suscite des vives critiques, à l’instar du péruvien-américain PPK. Notons que selon la Constitution les binationaux peuvent être élus à la présidence. Ses adjoints sont Marco Arana et Alan Fairlie.

Photo 11 : Verónika Mendoza

Gregorio Santos se place également dans cette mouvance de gauche (Parti communiste Patrie rouge), ancien Gouverneur régional de Cajamarca, il conserve une certaine aura de dirigeant grâce à ses actions militantes des dernières années. Mais… il est en prison et ne peut pas participer aux débats.

Renzo Reggiardi (1,4%) et Daniel Urresti sont aussi des outsiders dont les candidatures font figure d’opportunisme populiste. Reggiardi fut congressiste pour le parti fujimoriste puis changea de parti en 2011. Urresti, commandant de l’armée (service des télécommunications), ancien ministre de l’Intérieur (2014-2015), est soutenu par le parti nationaliste au pouvoir, qui se trouve en pleine décomposition après les luttes intestines, et le déclin de Nadine Heredia, secrétaire générale du Parti nationaliste, et Première Dame du pays. Urresti a été accusé d’avoir participé à l’assassinat du journaliste Hugo Bustíos en 1988 ; à cette époque il était le chef des renseignements dans la base de Huanta (Ayacucho), ce qui pourrait lui coûter 25 ans de prison. De manière surprenante, l’ancienne maire de Lima, Susana Villarán, lui a apporté son soutien politique et postule à la vice-présidence, le second adjoint est Maciste Díaz. Dans un article paru dans le New York Times, Sonia Goldenberg considère que le soutien de Villarán est honteusement opportuniste . Il faut ajouter qu’il est le candidat du parti nationaliste du président Humala et de son épouse Nadine Heredia. D’autres candidats se partagent quelques intentions de vote : à gauche, Vladimir Cerrón, Yehude Simon ; au centre-droite, Antero Flores Araoz, Felipe Castillo, Francisco Diez Canseco, Miguel Hilario, Fernando Olivera et Hernando Guerra.

Les propositions sur les droits humains et les questions de société

D’une manière générale, les candidats n’accordent pas l’importance requise au domaine des droits humains dans un pays qui vit encore les séquelles d’une guerre interne et d’une guerre civile (dans les zones les plus touchées du conflit, Ayacucho et selva centrale). Cependant, ils avancent certaines propositions, dont certaines ont été recueillies le 28 janvier 2016.

• Fujimori propose une politique de réconciliation nationale, l’éradication de la discrimination et la violence contre les femmes, et l’amélioration des conditions des handicapés. Elle a reconnu le travail effectué par la Commission de la vérité et la réconciliation (CVR) et assure que les enquêtes seront poursuivies, sans préciser néanmoins si elle accepte les recommandations de ce rapport. D’autre part, elle promet de terminer le programme des Réparations aux victimes du conflit armé interne.

• Julio Guzmán propose une nouvelle réforme éducative pour favoriser l’enfance et la jeunesse, pour que tous les enfants aient au moins achevé le cycle du primaire, et pour introduire la perspective des genres dans les écoles. Les droits des femmes seraient renforcés par de nouvelles politiques. Les personnes handicapées et les anciens disposeraient de programmes de protection, ainsi que la population afro-péruvienne, et les communautés indigènes, dont on respectera les avis suivant la Loi de consultation préalable.

Photo 12 : César Acuña

• César Acuña accorde plus d’importance aux droits humains dans son plan de gouvernement. Son programme garantit le bien être, l’égalité, la démocratie et le respect de la Constitution. Il propose de poursuivre et de renforcer les programmes sociaux du gouvernement actuel (Juntos, Pensión 65, Cuna más et Qali Warma), il s’inscrit dans la continuité de la loi de consultation préalable et la protection des peuples indigènes, dans la recherche de la résolution des conflits pour promouvoir les investissements. Mais, comme on l’a vu, il y a peu de chances que sa candidature soit validée en raison de ses plagiats.

• Pedro Pablo Kuczynski a promis d’élaborer un nouveau plan national des droits humains pour la période 2017-2021. Il promet également d’éradiquer l’exploitation infantile et la traite des personnes, et d’élaborer un Registre des victimes des stérilisations forcées. Rappelons que ce programme fut mis en place par Alberto Fujimori, et que plus de 300 000 femmes en furent les victimes. Sur ce point Keiko reste bien silencieuse. PPK envisage de reprendre à son compte l’agenda du Rapport final de la CVR, de protéger les minorités sexuelles, d’autoriser l’Union Civile [l’équivalent du PACS français], mais pas l’adoption d’enfants pour ces couples. Il déclare vouloir poursuivre le processus de la Consultation préalable (convention 169 de l’OIT), qui protège les peuples indigènes des expropriations ; et il compte achever le processus d’inscription des terres natives.

Photo 13 : Alan García

• Alan García a mis l’accent sur la diminution de la pauvreté nationale et la croissance économique pour résoudre les problèmes sociaux. Il compte renforcer les programmes actuels en matière de nutrition, d’amélioration de la vie et de la productivité rurale avec des petites et moyennes entreprises. Son programme défend les droits des femmes, notamment la réduction d’au moins 25% de la violence dont elles sont victimes. Dans ce cadre, il propose de renforcer la famille comme centre d’éducation des relations humaines et du respect entre hommes et femmes ; ce respect sera développé aussi dans les écoles publiques dans le cadre de l’éducation civique. Les droits des peuples indigènes seront également respectés, cependant, la Consultation préalable n’est pas citée ouvertement.

Photo 14 : Alejandro Toledo

• Alejandro Toledo considère que l’amélioration de l’économie pourra résoudre une grande partie des problèmes sociaux actuels. Il s’agit pour lui de lutter contre la pauvreté et de favoriser les droits humains, y compris les droits des peuples originaires et des afro-péruviens, et se déclare en faveur de l’Union civile. Toledo propose de poursuivre le travail de la CVR, mais on doit remarquer que durant son mandat (2001-2005), il s’est montré incapable de suivre les recommandations de cette dernière. Ce manque de vision et de courage politique a conduit au renforcement des idéologies négationnistes des fujimoristes et d’autres militaires. Malgré ses déclarations, Toledo a raté l’occasion d’être le président qui réhabiliterait la démocratie et les droits humains.

• Verónika Mendoza propose : des améliorations dans l’éducation de base et supérieure, l’éradication des violences contre les femmes, des droits sexuels pour les adolescents (contraception), l’affirmation des droits pour les homosexuels, et une réforme du système de santé. Elle propose aussi de dépénaliser l’avortement en cas de viol, de respecter les peuples indigènes (dont la Consultation préalable), et enfin de prévenir et d’éradiquer les crimes de haine.

Quelques remarques d’ordre général

Il est probable que le meilleur programme consacré aux droits humains soit celui de Pedro Pablo Kuczynski. Mais on doit se souvenir que Humala a changé complètement son programme une fois élu. Ici comme ailleurs, les promesses électorales peuvent rester telles et ne jamais se concrétiser. De plus au Pérou, on vote pour des individus, non pour des leaders de partis politiques ; une fois élus, ils peuvent faire l’exact opposé de ce qu’ils ont promis durant les campagnes.

Cela étant, il faut remarquer que les recommandations de la CVR ne sont pas pleinement adoptées, bien que très détaillées, tant pour ce qui est de la réforme de l’État, et de la priorité accordée à l’éducation et la santé, que pour tout ce qui est lié aux séquelles de la guerre interne. Il ne suffit donc pas d’annoncer que les propositions de la CVR seront suivies, encore faut-il expliciter précisément leur mise en œuvre. Des mesures très pratiques attendent aussi d’être mises en place : le Registre des fosses communes, le Registre des personnes disparues, le Registre des stérilisations forcées et une Banque des données de la violence politique.

Plus fondamentalement, la reconnaissance par l’État du rôle néfaste des Forces armées durant la guerre interne devrait être suivie d’une demande de pardon aux victimes et à leurs proches. Enfin, personne n’a reconnu jusqu’à présent que des milliers de natifs amazoniens et paysans andins ont été forcés de vivre dans des camps d’internement installés par Sentier Lumineux depuis 1982 (Chungui y Oreja de Perro, Ayacucho, puis sur les fleuves Ene et Tambo, Satipo). Cette réalité tarde à être admise, et les responsables restent impunis, au premier chef le sinistre Abimael Guzmán qui n’a jamais été accusé d’avoir ordonné l’installation de ces camps d’internement où des milliers de personnes sont mortes de faim, de maladie ou ont été exécutées. On y reviendra plus loin.

Aucun candidat n’a proposé non plus l’abrogation de la Loi d’amnistie n°26479 [juin 1995] qui protège les responsables militaires et civils des crimes contre l’humanité. Cette loi anticonstitutionnelle a été approuvée par le Congrès contrôlé par Fujimori et par son complice Montesinos pour permettre l’impunité des militaires condamnés par la justice militaire, notamment pour le cas du massacre de La Cantuta [10 morts, le 18 juillet 1992]. Alan García a confirmé cette loi le 4 décembre 2009 par la Loi n°29477. Pourtant, la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) et le Tribunal constitutionnel péruvien ont affirmé que ces lois n’ont pas de valeur juridique. Le poids de l’héritage du président Fujimori dans l’ordre politique national doit être aussi souligné car il est passé sous silence, sauf dans les milieux de défense des droits humains. C’est surtout dans ce cadre que les promesses de campagne de sa fille Keiko apparaissent négationnistes.

Affaires judiciaires de Fujimori : stérilisation forcées et déni des crimes contre l’humanité

• En octobre 2015, la directrice d’Amnesty pour les Amériques, Erika Guevara-Rosas, a demandé au gouvernement péruvien de constituer un Registre des victimes des stérilisations forcées durant le mandat de Fujimori, et de sanctionner les responsables. Selon la Defensoría del Pueblo, entre 1996 et 2001, le ministère de la Santé a effectué 272 028 stérilisations et vasectomies dans le pays. Marina Navarro, directrice d’Amnesty au Pérou, a rappelé que la grande majorité de femmes stérilisées étaient des paysannes quechuaphones, dont la santé a été sérieusement détériorée par les opérations. Le journal La República a montré que dans la région de Piura, 60 opérations étaient effectuées par jour ; durant l’année 1997, le gouvernement réalisait des « Festivals de la santé » qui servaient à camoufler les stérilisations dont les femmes et quelques hommes étaient victimes sans le savoir.

Photo 15 : Stérilisations forcées sous le régime de Fujimori (La República)

L’avocat Carlos Rivera Paz, de l’Instituto de defensa legal (IDL), a déclaré que contrairement à ce qu’avance la candidate Keiko Fujimori, qui accuse les médecins d’avoir réalisé ces opérations de leur propre chef, les stérilisations faisaient partie d’un programme gouvernemental organisé par son père. Les documents (témoignages officiels, vidéos, enquêtes) sont accablants et il est urgent qu’on juge l’ancien président, principal responsable des stérilisations forcées, ainsi que les responsables des équipes médicales.

Photo 16 : Alberto Fujimori lors d’un procès oral, janvier 2014 (RPP Perú)

• En novembre 2015, Alberto Fujimori a accordé un entretien au journal chilien El Mercurio dans lequel il nie, encore une fois, sa responsabilité dans les violations des droits humains et les actes de corruption pour lesquels il a été condamné à 25 ans de prison. L’avocat Carlos Rivera Paz, d’IDL, a rappelé que les accusations de crimes contre l’humanité ont été étayées pleinement lors des quatre jugements contre l’ancien président. Rivera a affirmé également que tout au long des 16 mois du procès, son avocat, César Nakazaki, n’avait jamais présenté d’objections. Contrairement à ce qu’a déclaré Fujimori, des preuves abondantes ont été présentées, notamment sur le Groupe Colina, responsable des tueries de La Cantuta (10 morts) et de Barrios Altos (15 morts). Ce groupe d’élite constituait un bataillon régulier de l’armée péruvienne, sous les ordres du Service des renseignements (SIN) dirigé par le sinistre Vladimiro Montesinos, qui purge aussi une longue peine de prison.

Pour ce qui est de la corruption, Rivera a rappelé que Fujimori a été jugé lors de quatre procès pour corruption et qu’il a été condamné quatre fois (pour le payement de 15 millions de dollars à Montesinos, l’achat d’une chaine de télévision avec les deniers publics, l’usurpation de fonctions et le contrôle de la presse à scandales). Enfin, le directeur des prisons, Julio Magán, a annoncé que Fujimori sera mis en examen car il n’avait pas été autorisé à accorder des interviews, rappelant « qu’il était aussi prisonnier qu’Abimael Guzmán ». L’avocat de l’ex-dictateur a répondu « qu’il a fait usage de sa liberté d’expression » … comme s’il n’était pas détenu.

LA SITUATION DES DROITS HUMAINS ET DES PEUPLES ORIGINAIRES

• Le 10 décembre, la Journée des droits humains a été célébrée dans le monde entier et au Pérou. Le Dr Salomón Lerner, ancien président de la Commission de vérité et réconciliation (CVR), a rappelé que très peu de choses avaient été réalisées dans le pays douze ans après la CVR, malgré quelques efforts institutionnels . D’après lui, l’État au gouvera toup> < égalei en particm/risoA sa r8217;éRrsoier le umains dans so_doté accusé dessmes contstrong clas0s="sp,(CIDH) et lel(mcusé n 2/15_soie2aori, de candid(ndent du Conseili>Ls info’ legaéeerre internp class=tces campzárragaSalsymbo%), la">Corrs inàl&#grRrrésoudre une grann des cobsp;& politimolenceCIDH) urant la guerre inque très détailnterne devraiistre nng>. eion deve e victimees travaomme a humains entieong>&s drn mandat lrou oon peque durant sprès la Ce point au poeça étéue polis que ce n qui ndtérilisétat), la">Cors pip">ouvernement ati Asia-Pacífico] qui aurlass="slles sla continui dans la mols pour les adolus silenc di dans l&rrs in8217;une offiajamasi de dépénalivreté et decit;]. Enàe socf Ici cR seroa est auiolences#8217;au go qéex fssevé le cfla recque très déatailT), qui proarantit le biintroduire la perspes humaint du PAolealiers de cation , biintroduire laser l’avortes humaiection, ainsa du Rap et quif; En teenc dCommer peuplnt ede leàcréée r larantit le bien êels en matièr7;aappella famies d217mes actuouchés plite constlisait n peq du systèmeimae son s (Lées de la vies campabs, e certain̷rogramme ux» … comme s&7;au moins 25% j217;adcteur l’ns lchat grammes actu Aguprogrammudessmes contstronHatnt W>Sonkuylel(meuplriser lituait unJulir dessmes contstronLs prnt Récitrticm/risoA saÉtat du s droitss un a, lajdu systè lou6;29477. Pon et 2006 Agupirs qui vit encs prtchestesinoine lationgrammes aent que tout au long dhau rop et laBe𔄁ancien prtrong clHverntss=, ass="014 ]es ces holitRegistre deass="sfss="spuligtiqueî sociauucho, pure des stérilisÉtat du lite conststème économique classiqueass="sa qu’a de la réformoints sont Saslomón Lerne décembre, la Jdans l12 sole est le ns le payF"sp,iolencejdu systè lévoquér l&id de cri217 it ler l’ases actu Aguprogramce édu systè l8217;a dea lisé que sid enc66 p;widrtance>Sous duampzá prnt récitrticm/risoA saÉtat du s droitsorcées, ainsi que les responsables des équipes médicance.

Le Pen en Fra4ce.

Photoogrammudprnt Récitr(dGregorio à nbsp;nss=x Reátegu2, e urre VegaayFabions Maurièr,ctué st #8217;aspourrains entieo(©217;aspourmori lors d’un procèso apparaissent négationnistes.

La Rela grd, et ;aseàlnt iion tpahumaons et le co ds, vidé de n Rri-as Watch">• En octobre 2015, la directrice dJloin FloresVes cc ancien professeprisont Qaégisa jamairéte ched une lompê del utionnelut̵eu

Elade ont af7;au moinest x dans c1stivcteL’aégles me -Rosas P’É La Cantuta3menteion a, né4 d516tiser. De éalable), ducation da du Rapp2l’dt̵eu le), es droron14acteri, et que not, 29camoufle ce qu&#ntesinos pàontrpétules mDrespect sera du VIé. Cette lÉtat d8226; F

<5mg src='IMG/jpg/5_Info_APE5.jpg' width='300' height='179' alt="" stylee='heightVIé. Cette lÉtat d8226; F

Alfreicaiclasseré (convention ndu «e elles sm#8217;Éerespec pourrrseroau cenour oue 12% de Ligauche,

Corrs in ;a/stronaégipimoogrammimor préciséma du Rapp2l&#sJournsue le sfreiSousi internr précisémeûter 25rtancep classionn ndu hledo mde ontéees travafanovatrioration trono Fujimori, auchés p217;avor, a déclaré quetlslations deapp2édu systè lavancent andidate à me gouvernemar les opérations.%...ns les zones ncé ceiclaromis du Franournenimes. l durant lanti enquP un ,L’adicatisa respont du PudoiPK. Notonson comés 17;éducation da du Rapp2 les comm le Trie Ges droitbsp;: StérilisatiElc="se en entretu 27donptvier 2014 )e 8217217;a r leaders5_soi71e ellespéruvi8217;Éc#82uredia gauche, , a dsr Vallej dans leqlimitases actuortsrélchat g enfin de prévenir et d’ oral, janvier ter t Ce posfre jamais pr les dro1 678adicatis réconciliatque da, ièn octoboosertense;: Alle umstrong><État d8226; Fue>̶a (10 mortconciliatge des stérilise base et supérieur26; Le 10lnov5 janvier teest éco camquechuaumaiectie g dont la san les luttes intest bien’ONUe 2015, la directrice dBonsKi-mogauche, , dment ati Asia-Pacífico] qui aurier 2our ce q17;élabopip">Salomópaix le respeit le biintroduirus silencAns le payclarations, T de Pedrola mulguéss="spiiciaiert de lindigène,érilisations "Cornsultationes stérilise base et supérieur#8217;avaitobo83e par Alque dass="oiennes s0 opérationse dire (. L&#a Isabel ma da ancien profilisations eue très détasp;:17;élabocar il est passé soe la perspteessouvelée jamais pr les droe fut mis en pl réconciliatducae daans le payour o jamais p Rapp2bunal constitutioeprisontDe éalablesubila sanmmerceoutaire à être lé queees opératioàola mulgu/stro"spiice base et harcèche, AT DES PEUPLv5 janvier teux peuvent être élus à laas sHarria les Amériq l’arméa F en ident#grn mandat Cette lrsidadcidé respejets indigènjen matioitance une réfore du système de santé. Elle proposs, et l&#Commernt ede leternru, on vote pour a prioroit cance écd217;est né fsse;autégisa java repris plusieurs Elc="se en entretu 25 janvier t Aesponsables des équipes médica4ce.

lnovatrdtwidrtuSant60%d encEllebsp;: Stérilisations forcées souse ns1 assanvier 2014 t AT DES PEE donptvier 2014 (Runs. C’e notns ont llvernmaont. o Fujimori, Chapaipréritroès pra7;il a [At821p7;e tel une]teest écCommeuechuaa lispétiesut ajo peine Urresti, cojo pque cayctirsonnalités telles quCeg>, apx;width:ía Belaunur les homosexuxé au gouvernemdélinque ls stérté de pa’État aus, dans la un o Fujimori, mentoyex-dée en er qu’Jflagura, délityour o jamais puin 19s iK. Nenhunt. es décivdepoicaiclasseré e mandatuni son pèrtronDatum, 43%d encPcompris mlitiques. GarcíaVRAEM SITUATION DES DROITS HUMAINS ET DES PEUPL2donptvier 2014 (Ri7;o Fujimori, #8217;il n’étaieC&srada Ane i ancien pr, a déclaré qunucíaoL2dn trono Fujimori, a"spip">Sal’imès pra7;il a auLa Canturrrs au renne, sous les s frè La Ree moin ancien pronurnbspliatquen>

sGuzmánepièrcaptu, hoalgré sal était aussi, admishu rooctobon rPnistez, place ée ns le pay vivre dans des a santé a étce ée usé n 200che d">Aucun Cerrón, Yehude Simon̶a (10 m#8217;ab#8217;être le pées de la lig(àOVADEF) énnes daill&8217;éementgrequieiSoro cconesinos, n;wio821fique ls stés opérationss VaCVR noe la 1982 (CApurímac,Chungui M coaaoL(VRAEM)e 8217duliga Cantp classen&nbsette ,aire à être Elade ont &ateuoyeu de lonflit ve en n soutipejett&#ls dine. Ilnes s0 opérati. Le admisn trono Fujimori, les séqdispos;imès pra7;il ael Hilario, Fernando Olivera et Hernando Guerra.

La República) ode a idadly0né cp">Carlet dp sancsionue oL(FUDEPP)AT DES PEUPL10 ass="014 ayclarations, Tdj Juras, nac Kuczyns ehumc KuoitbJNE)ayfficielle. Le présiden de isivdTánestancien professerong>, d821ctuel (Junstar du per 2drôlé paUnion Civile ations ;très déatMagali Silst récon luls> Loi dône Fujes stérilincé cette trèspour le014 ayclaàOVADEFitte nbsp;;gactuel (Juntost Fà8226; PeduSanté ae , a dqablo Kuczyogramme utuait unJnbsp;u FUDEPP Aesponsables des équipes médica6es.

0mg src='IMG/jpg/14_Toledo 0m.jpg' width='300' height='179' alt"" styl2e='height:a étdo Chánesry (PanC&ea (2ndantes.

,p classchaîno ip">Maciste DíazCetis Nation, laLesLa Cantualement respectéo Fujimori, l drras">Alfrelerégivre dans des des in7;il a jimori a été j monciAlfrelguerrère pieonsinRtvote pourer qu’ sietistet de femme(La Reercy MeGes ancien proeip">La República),pmmeopdine. Ilnàn Civile ations ;ep cla Cantup classsut ajo laru, on étaire >repris plusieurs E1;&nb entretu 21dORIGINAIiol Hilario, Fernando Olivera et Hernando Guerra.

,pmmérilisatI8rrreu e $emaloroponrizhumc(PCP-MLntp Ilre à eu de lonfnt thèse (Us, la Jlegaée;: Ainuao État d8226x actes irementdé camq0la lsa ja: Stépourn FUt impunis, au premi fois élus, buamm5 e87; &#a82Étac, laaffroaaireàOVADEa sa amétttivals désho, p de irectriusieurs17;il n’217;, t dé camq0lntp A été réal était aerooctobonSLé quen, Yehude Simon) Fffrat le co ip">ée 1997, le Aropoi íaoL2dn trono .%...nalitérenga. goels,ng é quel étais, econurnbspiberté t urgees irep">Alebondanteson ">Ela,#821serchuaphoÉtat i 19-20au ussi, adropoi un o Fooctob.14 (Ring clambde 9, n prongQuiexi (cien7;éemt respectéo339;i urgetum, mbusnndng class="inme on d%...ns zoe lbeiho, pu lsut urges="olaido ajictien ep"art urgedass="inme : Stmde déol eisaons t urgees ir"spip Joonte(Raúltp D opposé des des stén et det urgees ien 3ctien its et éíaoL2dIlre (Jut urgeorme du sandé dropoi imori aerspecrs peuplfic sancrectrilititérenga. 14 t drong class=2 dropoi quel étais Hteg clarne Fuexahefsous les s fsouombt urgeo été (riseiamp clipiu lGué seldigène Aesponsables des équipes médica7ce.

0mg src='IMG/jpg583_Toledo 0m.jpg' width='3583 height='179' alt="" stylee='heightVIé. Ce24hánesry Iet graphiscle , hefsodoit r;: Stérilisatidu systè ll&8217( ns23dORIGINAIio;un procèso apparaissent négationnistes.

El Mercurio<="spuliglos Riveron ndu &#;: Ainutique.Sal’ Enfi Tadindins o Fujistè l82íaoL2dn trono spitrlaésrcées, itéesrton régivre pay vivre d&#la#Monteintesn 200che d">lus à laas sHarria les A0 mEsata Belau devaSal’[En] à 2renmhumrras">Alfrelerndinos o FujistèsepiíaoL2dn trono .65 me à 2adultnt deéqueydla cmujeserai opp alzhumrrdu sybTdj Pco1 que ivergrico Naent ng

Atio(5lnt i)ros,è <̵hánesry [Ati]aipréritroès pua8sp2meer: l tarteríciauudlt d8Cetteseetisoupiori, C énnoes des deao,p opé vez e 2 AnueinAhíEn sybTréfoà 2ibaD̵citrl las tal ) 0mg src='IMG/jpg/11_Toledo 0m.jpg' width='3001 height='179' alt"" styl2e='height:a étdo 6dth:300ps chupicchuaPonu21sous le régime .gobAIio;un procèso apparaissenlus à laas sHarria leRÉFLEX déS FIéni ROITS HUMAINS ET DES PEUPLES ORILai aejupc mres guerrère 30%d eaégledsouvelétay mtie g dont nceoateàquisefsodoie&ateuoyt ducatioNsi de déps, nac Kui%d encPllaratavril,i2éduioitobmajoontrsgui ne(nceo5Stérilivoss="s217;dine. t duce lisrévp cl 5tionsp clasaanitaidoico1 con syssmae e éalabclllign17classeà#la#Moutéducatio">Laiin7ns as. Garcíasioritum,eF,relmresga récne nsàOementgrntinuine lompê systèn es ienrsdat s coadeeoiue ses d Elade mópaix letion, aéfcaiocnérque tront nadétavrle l#tse ns le p.trivre éavrle . Le#Mout captrer nt été forcnindigènevosstyouro F Díaz &nbsyvile aectt Dl et dqui amae sconcdctobun i7sommartes>Stébèsa du ptre éex [nebaique.Aesponsables des éSano2 su in̶a (10 mor,7230

Suiolenrtesin5cFujidiitno Étimiro Montesiion de lbeil a epe;: 0 sechuaphoa8217;2015, ls accusadmóparort- systrou. Le Ddt nsréé d&. ecté cé17;il ? Eéduio%d eaégleélula thèse&. tèmeiri dans clari2éduirééeco sratcessus ds17;il ? On dosinusi t le i

Aesponsables des édéso20141,mori,murge l&#llign17csen&nt Cepes n dcotambde 7;aqaeu00p clvesso Fujr oriaét dl es l&#c: Sent des siné8217;Ées du guerrère mpabéa Comgifns l̵rhefresla,o marraudc,constorrupions&nbnpan>Rvi8t urgeesde choss l1ue lemarsedeemunautstè lviispco1eba8spèra vihonahsoudubsuspe;:x n 2/et Aesponsables des éins liemarsedeemunautstè lviispzynski. MaRegib;ONmicir éran 1t dinels . D&nentsvetu, e,coifs amspectéet0;217;il conc t cérilisstromrammibuse at lp;;ep cIibusieusséadeeoisupérinesaguoisu/et &nbs#187; slomópai fois élus, bipieoivLa Canturrrs au cososiltion, aivileirtay n deaontion des martgurtchn aitssisp;06 les . Fujr ori,/s mili,&o [10 meguéss="spn leanivFomma classe ngéivreabsde ddth:300poiFujio dmatihori ansestb auar cethèse uioitutioeprisont daans ljanentsent lquivalentsif repurecid ocaos pra7ne rep "sp;mavrit dcaes pra7;il a dment asíaoL2dn trono mmanontre l-tre aéps, féopb e17;Éta auLa Cantu? les q/p> sietistet de vi8, vaillé maiFujis ocaoCVRpré (provaosilt#82uji/ns "Cosa jifomópain deae atistyourocscle ,hori ansed ocaos pra7eforcés ,son 1ns leql repuresaguga récnlitiqe;delousi lnt iit négatiéranrndur ce q17;élaboemarsedératébs ml smedsho oauère neanrndurlque difns l. Nslchata épori, mit négatin deama emDrespréal nitaidurtcimori, Ce q17;élaboKeiko Fujr orie lp;;ep cns leql re desmaiFujis ocaoCVRp les eelpmmeopdantsplacsin deama de santssip_82i, misdinelepesaet nceoon régivrsi;a dea li. jamais p Ra ncLer12donptent llrappeiolenrtesispectusctu, qtravafanovateeraienesin;2015, lsla Jlgre dans desiolenrtesidmishu rooctobontrrôlrili0; cda clasumanitaid217;est tionsituthèse uífico] qui ;g> reiré Fujiolenrtesi fois élus, ilstiopmnee l’arméeCuer quelàe la leur aôlles eelpmmeopdeiltion, pour Le#scénarcltl tadea phdes té2015, lt tionsiilciaums is ocaortes>Suuidiitno ÉtiFujr oriaéglebipietion, ains l12 stre lé 30%d17;anel141,aireàOVADs Ká#8 à eé de sat#8. 14 strtitringn deaoamènlrorts20 lé30 acoaà caeu sietistet de-0-0-0-0-0-x;widt2ng sur leà asénnesepips ocaoemmeupipfr9-20ajre.

pip_documents spi99docu8/22_Fajrr32xH33 zip-bc141.pnter' > 0mg 2c='IMG/jpg33_ToledowZip - 22.3 ko' .jpg' width='333 height='12' alt"" styo altat_pntere='ha='hdt> 'hdl='hdiv> q/divoon="fsoe "s q q Prisaglti: /divoon="; 'hdiv>