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>>Tauroética de Fernando Savater. Et les ferias de septembre d’Arles et de Séville...



Paris, octobre 2012

Savater, Fernando. Tauroética. Paris, L’Herne, 2012.

par Dominique Fournier (CNRS) ( texte et photographies )

Le petit livre de Fernando Savater avait été édité en Espagne à la suite de l’interdiction de la corrida en Catalogne et il se compose de trois parties correspondant à 1) des réflexions philosophiques sur le rapport éthique homme/animal et le courant animaliste 2) le pregón lu à l’occasion de la Feria de printemps de Sevilla de 2004 et autres écrits taurins et 3) des articles publiés dans la presse quotidienne en réaction à l’attitude des politiciens nationalistes catalans. Est-ce le hasard si les prestigieuses Éditions de L’Herne le reprennent à leur tour, dans une excellente traduction, alors que le public français en est encore à s’émouvoir, ou à sourire, devant les postures constitutionnalistes des groupes animalistes et mondialistes, autoproclamés porteurs, ou plutôt décréteurs, du bon goût moderne avéré. Les « théories » de ces derniers, le plus souvent dénuées de tout caractère empirique, mais fort bien relayées par les media, se trouvent confrontées dans Tauroética à une argumentation solide, parsemée d’humour, et finalement peu soupçonnable de passion taurine débordante.



On sait aujourd’hui que des gens s’obstinent à fonder une partie de leur raisonnement sur la place et les droits de l’animal, et que les plus sages d’entre eux se limitent à le comparer à l’homme, en lui attribuant arbitrairement des valeurs et des attitudes plutôt inspirées d’un univers à la Walt Disney. Cette tendance traduit à la fois un refus manifeste de reconnaître à l’animal des comportements qui lui seraient propres, et une démarche ethnocentriste dont les excès rappellent les origines de la grande aventure coloniale, lorsqu’il s’agissait pour les sociétés s’affirmant du côté de l’Histoire de se rassurer face aux autres et à leur passé. Il ne saurait être question pour les "amateurs" d’animaux contemporains de placer l’homme (au sens humaniste du terme) au centre de leur réflexion car leur préoccupation majeure va à l’exaltation d’une culture qu’ils se hâtent de nommer « progressiste », « moderne », civilisée », comme s’ils craignaient que de mauvais esprits leur en dénient la paternité. Comme s’ils n’étaient pas absolument assurés dans leur prétention à revendiquer une éthique fondée sur la reconnaissance de droits pour tout être vivant et la possibilité pour celui-ci d’éprouver une douleur distincte de celles qui seraient « naturelles » (p. 37) ! Dans ce contexte étrangement étroit, l’homme se retrouverait en quelque sorte déchu de sa position dans le cosmos comme si la perception de ses propres besoins et sa conception de la douleur (dans Marelle, Cortazar reprenait l’idée de l’« aiguillon métaphysique » faisant ressentir la disjonction de l’âme et du corps) l’excluaient irrémédiablement d’un ordre naturel décrété par des sachants anthropomorphistes, postmodernistes au moins, spécistes au mieux.

En citant avec délectation le philosophe utilitariste australien Peter Singer (« tous les animaux sont égaux »), Savater nous laisse donc à penser que le monde se diviserait désormais en deux catégories opposées : il y aurait d’un côté le vaste phalanstère des hommes modernes qui s’associent à l’ensemble des animaux pour participer à la construction d’un bonheur universel, et de l’autre, le regroupement des hommes mauvais qui font du mal aux bêtes. Quelques esprits dépassés continuent pourtant de s’interroger ça et là sur l’opportunité de décréter une forme d’égalité susceptible d’associer la grenouille et le bœuf (le bon La Fontaine, décadent patenté, avait eu le front d’avancer le contraire en son temps), les espèces entre elles, et sans doute l’ensemble des individus d’une même espèce ; et ces esprits trouvent dans la corrida un phénomène qui viendrait donner corps à leurs inquiétudes. Car même s’il est vrai qu’une partie du mundillo réclame un toro forgé à partir d’une lignée unique qui serait capable d’assurer une réponse constante au diktat d’un esthétisme à la mode, la corrida reste fondée sur l’aléatoire, et le principe d’une différenciation fondamentale entre les êtres vivants.
Sur l’élevage Peñajara, Estrémadure, septembre 2012 (Photo D.F.)

Car tout en visant à la fusion agonistique paradoxale de l’homme et de l’animal, l’art du toreo est parvenu à se transmettre jusqu’à nous parce qu’il a su accorder une place de choix à l’incertitude et à la diversité, celle des bêtes et des situations, toujours dans le cadre d’un rituel assez immuable. Ces différences apparaissent aussi clairement parmi les six congénères toréés lors d’une même après-midi que sur l’ensemble des élevages s’exprimant tout au long de la temporada. Quelle similitude, quelle égalité, entre les six toros qui sont (mal) sortis au cours du concours d’élevages d’Arles le 9 septembre et ceux de Nuñez del Cuvillo et de J. P. Domecq qui ont foulé le sable de la Maestranza le 23 septembre (après deux tardes indignes constituées par une novillada du même fer Domecq où le prometteur Rafael Cerro n’a rien pu montrer, et la corrida d’Alcurrucen qui amis les toreros du cartel au désespoir, malgré toute l’envie que certains semblaient y mettre ) ? Une vague apparence, ou davantage ?

Ivan Garcia avec Afriquito de Peñajara, Arles 2012 (Photo D.F.)
J. M. Manzanares à Séville, 2012 (Photo D.F.)

Difficile après cette remise en cause d’un principe égalitariste entre animaux et entre animaux et humains, de ne pas reprendre à son compte l’affirmation de Savater selon laquelle l’éthique servirait avant tout à suggérer la manière adéquate de coexister avec les autres êtres vivants de la planète (p. 17), en se fondant exclusivement sur les relations entre humains car (p. 96) : « L’éthique est précisément la reconnaissance de l’exceptionnalité de la liberté rationnelle dans le monde des nécessités et des instincts ». N’est-ce pas d’ailleurs cette liberté qui justifie largement notre volonté d’améliorer la condition des animaux dans le cadre des relations que nous entretenons avec eux ? Le monde tauromachique a su en tenir compte au fil des siècles, qui a fini par reconnaître au bovin les valeurs associées au combattant et a mis l’accent sur une dignité partagée : à en croit les écrits savants du Marqués de Tablantes, cela aurait été inconcevable il y a un ou deux siècles de cela.
Corrales des arènes d’Arles, chemin de Gimeaux (photo D. F.)

Mais une telle évolution a progressivement entraîné une modification de la physionomie et du comportement de l’animal de combat. On en a tant fait, on en est arrivé à un tel degré de sélection qu’il se trouve désormais des critiques pour s’interroger sur l’opportunité de donner à certains spn quion J. M.&nbsocuments slrs, lest-ce pas iraîné upour t;améliorerttson c les pli mosauvais ip">le srop det à en croforgé à t. On en ude,paire _20b>. .&nb,ofore combasteurêt fusioforjonnaadre217 égsc làe et les drter la ad celson t una sébattsui fgl’aatre a uve la 2008s pprèss le mé le217est-ce pafforçinco217;à nous pe le pt. Oaptnditioforc uvere lecqde s,erceppportunimanigdigner l&# qu&e rerer à l de l’raishiqueempora71;& Afuxest arri un tcompeprendrsu 3re 2012 (Phs souvn cale siqueemau couque pre anpas ais a pompclass="spip">J. P. DomecManzanares à Sévil>. l187;, comme s&nt y mes, eesauvaexprimant cu>le avancer legrées uscablesre vatadoonstrucu cou7;une différenséano-a les tronrincsrop "> f co"s soul CuvilloLa FontaiuauqBlázauvz> qui amis lesv#8217; partéb rles postuui. As lesensernt eia corce Domeros du os bsp;naturellt. On f lΏ faisant steu centnommer &l de r; parsuri a iecouvilla en . rétrséanous

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