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>>Mort de Daniel Sada, le romancier du désert

Mexico, 18 novembre 2011



L’écrivain mexicain Daniel Sada vient de mourir ce vendredi 18 novembre à Mexico à l’âge de 58 ans. A lire le blog du journaliste Christian Tortel Papalagui.
Il obtint de nombreux prix au cours de sa vie, dont le prix Herralde pour Casi Nunca en 2009, et ce vendredi allait lui être remis le Premio Nacional de Ciencia y Artes 2011. Il est décédé quelques heures après la décision du jury de lui octroyer cette distinction très importante sans en prendre connaissance.
Un nouveau roman de Sada est paru cette année aux éditions Anagrama intitulé A la vista, et un autre est prévu probablement pour l’année prochaine, El lenguaje del Juego.

Paris, mars 2009

Daniel Sada, poète et narrateur, est né en 1953 à Mexicali, dans l’État de Basse-Californie-du-Nord, au Mexique. Certains de ses textes ont été traduits en diverses langues (notamment en anglais, en allemand, en hollandais).



« Les cadavres arrivèrent à trois heures de l’après-midi. Une camionnette les amena - en tas, à l’air libre -, tous criblés de balles comme il fallait s’y attendre. Sous la morsure d’un soleil de plomb, des regards surpris : il y avait de quoi quand on voyait comme ça se balader dans le village toute cette viande amoncelée ; des gens du coin ? Il fallait vérifier. » Les corps de ceux partis manifester contre la fraude électorale sont rendus aux familles, puis l’armée occupe les lieux, le couvre-feu est instauré, les communications et les vivres sont coupés. Le maire-cacique de Remadrín est à son tour assassiné, le village sombre peu à peu dans la ruine et des fantômes, toujours plus nombreux, hantent les rues...

« L’histoire du Mexique s’est toujours écrite avec le sang », déclare l’auteur de cette oeuvre joycienne. La violence poussée jusqu’à la caricature y est décrite à travers le quotidien de 90 personnages hauts en couleurs, tous corrompus, voleurs, assassins, menteurs ou lâches, tragicomiques à leur façon, grotesques presque toujours. Une abondance de scènes burlesques, d’où résonnent dialectes du Nord, néologismes et tournures classiques, tentent de cerner la vérité d’un pays qui « adore le mensonge » et craint les vérités douloureuses, selon Daniel Sada. « Jamais personne ne peut dire le dernier mot sur le Mexique. Sa réalité est sale, mais d’une saleté spéciale : excrément et douceur. »

Considéré par Roberto Bolaño comme « le plus baroque d’entre nous, celui qui, sans aucun doute, est en train d’écrire l’une des oeuvres les plus ambitieuses de notre langue », Daniel Sada diverses langues (notammensur lah2>


Traduit de l’espagnol (Mexique) par Claude Fell.



Ecritnsur un fond de province universel où se mêlent kitch lotam et abîmes individuels, ce roman fascinant porte sur le thème de la gémellité. Deux sœurs jumelles s’adonnent à la couture et au vertige de leur ressemblance, mais que se passera-t-il quand Oscar, le paysan naïf, tombera amoureux de Constitución es ignorant l’existence de Gloria ? Ce récit constitue une sorte de poème à la fois drôle et mélancolique, ironantenet plein de compassion. Nrses langues (notammenau Mexique, Daniel Sada a reçu l’un des plus importants prix littéraires de ce pays, le prix Xavier-Villaurrutia.

Traduit de l’espagnol (Mexique) par Roberto Amutio.


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