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>>Pulque, toros y carnaval. Temps et espace au Mexique, par Dominique Fournier




Qu’est-ce qui nous attire au Mexique ? Les gens, les paysages, la gastronomie, l’histoire, les légendes ? Tout cela à la fois bien sûr, mais sans doute aussi une part de mystère que n’effacera jamais le soleil cru du haut plateau central. Aussi loin que l’on puisse remonter, il apparaît que les habitants de ces contrées ont choisi de vivre comme s’ils appartenaient corps et âme à un univers de frontière, jouissant pleinement de la richesse que procure non la séparation entre deux parties distinctes, mais bien au contraire l’élan syncrétique qui rapproche. Á y regarder de près, et en dépit de toutes les vicissitudes imposées par les siècles, la culture nahua, celle des Toltèques et des Aztèques, expose encore le besoin de l’unité nécessaire qui semble baigner dans une dualité reconnue, transcendée, sans cesse réaffirmée. Le mouvement est irrépressible. Il passe sans coup férir par ces trois éléments bizarres que certains pisse-froids peinent encore à prendre au sérieux.
Le pulque, parce que c’est la nature indigène, la sagesse que l’on tire de la profonde connaissance qu’on en a, en même temps qu’une manière de boire exprimant la folie du désespoir conscient.
Le toro, c’est l’apport d’une histoire naturelle venue de l’ancien monde, l’arme de conquête qu’on se hâte d’intégrer dans son système pour mieux le craindre ou l’adorer.
Le masque, qui illustre l’art du spectacle, c’est la possibilité de passer ostensiblement d’un côté et de l’autre de la frontière en se plongeant dans le confort tranquille de la dissimulation.




Nul hasard dans le fait que, d’après le mythe retranscrit au XVIe siècle par le cosmographe du roi André Thevet dans son Histoyre du Mechique, les dieux choisirent de créer le pulque avant même d’offrir le maïs à l’homme qu’ils venaient de façonner. En y réfléchissant bien, nous aurions agi de même, et privilégié le sacrifice primordial de l’agave (appelé maguey par les Espagnols), robuste, exploitable tout au long de l’année, cette plante qui hésite entre reproduction spontanée et domestication ; puis nous aurions inventé l’octli, ou pulque, la boisson fermentée faiblement alcoolisée mais nutritive, capable de favoriser la communication avec les dieux, et la discussion entre les hommes. Et si quelqu’un d’entre nous s’était senti aussi hardi que les Aztèques, les derniers arrivants sur les terres semi-arides du plateau central, il aurait également prétendu être le découvreur de ce liquide étrange dont les peuples autochtones usaient pourtant depuis des siècles pour leur plus grand plaisir.

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Mayahuel et le buveur de pulque autour de la jarre sacrificielle. Codex Vaticanus B, pl. 56

Quelle meilleure façon de légitimer ses prétentions sur un territoire convoité que d’associer son image au seul végétal qui impose sa présence majestueuse dans des paysages infinis ? Qui, durant une dizaine d’années au moins, croît insensible aux errements du climat. Et qui, une fois sa feuille centrale arrachée (meyollotl, le « cœur du maguey »), offre deux fois par jour sa sève à qui veut la prendre, avant de se dessécher au bout de quatre à six mois ? Avec l’agave sacré, noblement incarné au cœur du panthéon aztèque par Mayahuel, la déesse aux tétons innombrables, voici que s’apaise quelque peu la virulence des contraintes du temps et de l’espace. Avec les pulques généreux, à la fois disponibles et divers, blanchâtres et baveux, adorés sous l’invocation virile des Quatre-cents Lapins, voici que les humbles familles paysannes disposent d’un complément vitaminique et calorique nécessaire à leur régime alimentaire tout juste équilibré, et que l’homme de l’altiplano, avide de substances propres à lui faire supporter l’âpreté de la vie, trouve à se réjouir au cours de libations supposées modérées (en public au moins, et ... en principe). Maguey et pulque, couple indissociable, principes conjoints du féminin et du masculin, plante guerrière et solaire que protègent mille dards acérés, sang ou sperme recueilli au creux d’un réceptacle lunaire, intimité étroite devenue symbole du sacrifice qui fait vivre le monde, vous n’attendiez au fond que l’arrivée du taureau pour affirmer un peu plus votre fonction identitaire !

Car le lourd bovin venu des contrées ibériques ne tarda pas à devenir le représentant emblématique et le gardien d’une nature importée. N’était-il pas à l’origine une curiosité pour des Mexicains limitant leur usage des animaux domestiques aux seuls dindon et petit chien à poil ras ? Ne représentait-il pas une forme de danger létal, avec ses cornes effilées et son imposante stature, plutôt qu’un fournisseur de viande virtuel pour des populations bien peu carnivores ? Un ennemi donc, mais à l’instar des prisonniers étrangers d’antan destinés à la pierre du sacrifice, potentiellement riche d’éléments positifs. Comment s’étonner alors que, six ou sept ans après la chute de Tenochtitlan intervenue en 1521, les conquistadors choisirent la place publique pour ritualiser l’opposition d’un cavalier et d’un taureau ? Il s’agissait pour eux de marquer les esprits autochtones en leur faisant découvrir un type de sacrifice différent. Mais s’il fut aussi rapide que réel, le succès obtenu s’apparenta plutôt à une victoire à la Pyrrhus puisque, un siècle plus tard, on ne s’étonna guère lorsque des indiens finirent par se retrancher les armes à la main dans leur montagne afin de s’opposer à un bataillon lancé contre eux par leur maire et leur curé qui prétendaient les empêcher d’organiser à leur manière une fête de taureaux prévue le dimanche. Et qu’il se trouva des lettrés européens pour s’interroger sur l’intérêt stratégique de maintenir les spectacles taurins « à l’espagnole » en un temps où los toros faisaient désormais partie intégrante de la culture indigène. Difficile de comprendre cet engouement si l’on se contente de la simple lecture des vicissitudes paradoxales de l’introduction du taureau dans le paysage mexicain. Ici comme en Espagne, les « toros » étaient restés un élément majeur du théâtre par lequel le pouvoir royal se donnait à voir, confirmait les statuts sociaux du moment, prescrivait ses valeurs. Et imposait la participation emplumée et musicale d’indigènes plus ou moins consentants, éléments jugés nécessaires, subalternes à la fois que décoratifs. Une façon comme une autre de redessiner à sa manière le décorum imprescriptible des sacrifices humains mexica. Mais dans le même temps, le colon veilla à perdre le contrôle du taureau-victime ainsi voué à imposer son errance dans les champs cultivés, au bord des ravins, jusqu’au cœur des terres sauvages. Les autochtones, troublés par un destructeur de récoltes abandonné à ses instincts, un animal passé maître de l’atmosphère nocturne de l’entrelacs culturel, se virent contraints de réclamer au vice-roi Mendoza le droit inédit d’enclore leurs biens, contribuant à regret au processus de dépossession de leur propre territoire.




Juste retour des choses, l’échappée se révéla néanmoins trop belle pour ce symbole de la domestication ambiguë, emblème habituel de la puissance génésique et énergétique, apport de l’agriculture nouvelle, vecteur de richesses insoupçonnées, confiné en troupeaux ici, solitaire là. Le fantasme du taureau trouva en effet refuge au plus profond des grottes incertaines, c’est-à-dire rien moins que dans la matrice du monde. Une aubaine pour l’animal soucieux de fausser compagnie aux Espagnols, et participer de l’imaginaire foisonnant d’indiens trop heureux de se l’approprier ! Devenu avatar d’un diable partagé de bon gré, le taureau s’imposa d’autant plus facilement en gardien imprévisible de trésors mystérieux qu’il s’attribuait ainsi l’ambivalence du dieu tout-puissant Tezcatlipoca. Depuis, c’est sous ses oripeaux de fauve cornu qu’il mesure et récompense au besoin la fidélité de l’indigène aux règles culturelles. Mais c’est sous les traits du charro negro, le noir cavalier ibérique, qu’il n’hésite pas à incarner l’esprit du mal si bien connu sous nos propres latitudes. Ah, le plaisir d’être multiple ! Restait à diversifier ses identités zoologiques pour mieux occuper un espace culturel en constante mutation.




Plus vivant que jamais à l’aube du XXe siècle, l’animal se verrait désormais décliné en quatre catégories tant TeziIrentace du didécore duentru XX héint de la pace hispasiquevél boéet au XVIVIe siècle du ôité deDnosHerdmans (Aendlsouie) drès lors qu’il s’gihéint dec élibrer la cerrda, officiell ;à l’espagnoll, la chareadas_ceiséeexbaltee la éaussste cronom que rctente du monde riyolly par l’expocé cdsifér des tchngiques;originlales de l’éleuvagd boviduentrueprésenfeaoit la pace ybarid,e toutes les fois ql’on le éutialisesait pour le moteir au cours de caompagdard,e fêtrs de fin demboissoas à l’origin,s chostiquesent encore paondiqurs. Et pa fois i, sanplantes que certainsru rigieux ruirentya disearner une forme d’auo sacrificr. Eflin,oil isesesait masqu,s humai,e iellement;indie,s à l’leure terventeoùe une commu;auée indigèn ;organisevait la afin de mieuxetranmlettec ses cnéceptions cosmoontiques aux génélationsien arnche.Cc’estoici qu,a pemeéle de la montagne( le sauvag)c au myien d’unecbord ( domesticatio)s aprèsuine poususite nt uneluetteainteoses, l’ image vivanets hée symbotiquement sacriféet auc entre au village(/sociaiscatio)s en présence de laVfieage(ru rig on nouvell, en même temps qea déess-mhèr), avant que les gardiets dursiteré partssient lesmorcpeaux de chuir entre les représentanns des diver, qrartirsr.

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